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Eclats de lumière

Créateur : chloe75 
Date de création : 28.02.2018 à 10h32

Message du créateur :
Petite histoire de Tibette avec pour toile de fond le "troisième art", le tout ponctué de récréations musicales et artistiques

Cet épisode compte 22 paragraphes

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Chez Bette, West Hollywood L.A 9h30.             

Un soleil omniprésent et implacable rend cette matinée étouffante et mon caractère irritable.  Comme trop souvent, je suis en retard. Depuis sa naissance, je dois assumer seule la garde de Tommy, mon fils de 2 ans et demi et aujourd’hui, j’ai rendez-vous chez le pédiatre pour une visite de contrôle. Je l’installe dans le siège auto, me glisse au volant et démarre. Dans ma précipitation, en reculant, je manque d’emboutir une voiture blanche qui se déporte juste à temps pour finalement se garer en face de chez moi. Le conducteur sort de la voiture, se tourne vers moi, prêt à m’invectiver. Je ne prends pas la peine de m’excuser, pressée que je suis d’aller chez le spécialiste. Dans mon rétroviseur, j’ai tout de même le temps d’apercevoir fugacement une jeune femme blonde sortir du véhicule et se diriger vers la maison.

Maison qui  a été mise en vente récemment. Apparemment, elle a vite trouvé preneur ce qui dans cette banlieue chic de West Hollywood n’est pas étonnant. L’ambiance du quartier est agréable, les nuisances rares, les gens plutôt sympathiques.

La circulation étant relativement fluide aujourd’hui ce qui est assez exceptionnel, il faut bien le reconnaître, j’arrive à temps au cabinet médical. Tout se déroule bien : le développement physique  de Tommy est harmonieux et il commence même à s’exprimer, de petites phrases courtes mais le plus souvent explicites. C’est qu’il sait ce qu’il veut le p’tit bonhomme ! Si je vous dis qu’il est impatient, qu’il a hâte de découvrir ce qui l’entoure, qu’il râle pour un oui, pour un non, vous allez me dire qu’il a de qui tenir ! Et vous n’aurez pas tout à fait tort, je l’avoue…


chloe75  (28.02.2018 à 10:35)

Sur le chemin du retour, je repense à l’incident et me fait la réflexion que je n’ai vraiment pas été correcte avec mes futurs voisins. Oui, je dois présenter mes excuses, ce n’est pas trop dans mon tempérament mais il ne faudrait pas que les relations de voisinage démarrent mal. En arrivant chez moi, j’aperçois des déménageurs qui font la navette entre leur camion et la maison d’en face.

Tommy observant tout ce remue-ménage m’interroge :

- Maman, c’est quoi ce camion ?

- Un camion de déménagement.

- Pour quoi faire ?

- Pour amener les meubles des nouveaux voisins qui vont habiter ici, maintenant.

- Je peux les voir ?                                          

- Il n’est pas question que tu les déranges.

- Tu crois qu’il y a des enfants, je pourrais jouer avec ?

- Ecoute, je n’en ai aucune idée. Je ne sais pas, peut-être. On verra plus tard, d’accord ?                

- D’accord.

 

Je descends de la voiture, empoigne Tommy fermement par la main de peur qu’il ne traverse la rue inopinément et nous rentrons chez nous. Par la fenêtre de la cuisine, je ne peux m’empêcher de suivre secrètement l’incessant va et vient des déménageurs et par-dessus tout, ce qui m’intéresse, c’est de découvrir les visages des nouveaux propriétaires. Manque de chance, pas l’ombre de l’esquisse d’une parcelle de silhouette,… rien, absolument rien !!! Qu’à cela ne tienne, demain dimanche, préparation de cookies, et hop c’est décidé, j’irai satisfaire ma curiosité et présenter par la même occasion mes excuses pour ma conduite un peu cavalière.


chloe75  (01.03.2018 à 11:15)

Dimanche après-midi                  

Depuis ce matin, je surveille d’une part la cuisson des cookies et d’autre part ce qui se passe de l’autre côté de la rue. Pas d’effervescence particulière. La voiture étant stationnée devant le garage, je suppose qu’ils sont bien chez eux. Quelques secondes pour vérifier si je suis présentable. Tenue décontractée de week-end : baskets légères, jean noir délavé taille basse, débardeur blanc contrastant avec ma peau hâlée, et mes longs cheveux bruns presque domestiqués. Voilà, je suis satisfaite, allons-y. Bientôt 16h, je porte d’une main le sac de biscuits encore tièdes, de l’autre je serre celle de Tommy et nous traversons la rue pour sonner chez les fameux voisins.

Après quelques secondes d’attente, la porte s’ouvre sur une ravissante jeune femme dont instantanément, le cliché s’imprime dans ma mémoire. Plus petite que moi, mince, une chevelure d’un blond discrètement cuivré encadre un visage dont le regard à la fois profond et timide m’attire aussitôt. Ses yeux bleus vert me scrutant innocemment semblent m’interroger. Légèrement décontenancée, je secoue la tête pour reprendre mes esprits et annonce :

  • Bonjour, je me présente : Bette Porter. J’habite en face de chez vous et voici mon fils, Tommy mais vous pouvez l’appeler Tom.
  • Enchantée, moi c’est Tina Kennard — et se retournant vers un bel homme brun —, je vous présente mon compagnon Jack Moore.

Il me regarde très attentivement et d’un ton peu amène fait remarquer :

  • Il me semble que l’on s’est croisé furtivement hier, enfin presque accidentellement.
  • C’est exact, je suis désolée mais j’étais pressée, je ne vous ai pas vus arriver, je m’en veux terriblement et…
  • Stop, stop, cessez de vous incriminer, ce n’est pas si grave ! On oublie ça. Que diriez- vous d’une tasse de café, de thé ou autre chose ?
  • Volontiers, oui, je veux bien un peu de thé. Puis, me tournant vers Tina, pour me faire pardonner, j’ai apporté quelques cookies, ma spécialité.
  • C’est très gentil à vous, merci. Et toi, Tom qu’est-ce qui te ferait envie ?
  • Un jus d’orange, s’il te plaît.

chloe75  (02.03.2018 à 10:30)

Quelques minutes plus tard, nous sommes assis autour de la table basse du salon et naturellement, j’entame  la conversation.

  • D’où venez-vous, si je ne suis pas trop indiscrète ?

Jack regarde Tina et se lance :

  • Nous vivions à New York. Je suis informaticien et concepteur de logiciels. J’ai été approché par des chasseurs de tête qui m’ont proposé un poste intéressant près de Manhattan Beach. La décision a été délicate à prendre, mais nous nous sommes résolus à nous engager dans un nouveau challenge. N’est-ce-pas, ma chérie ?

Tina regarde Jack puis c’est droit dans les yeux qu’elle me répond :

  • Tout à fait. Moi, j’ai quitté temporairement mon emploi. J’étais infirmière dans le service pédiatrie d’un hôpital mais les horaires décalés, mon engagement auprès des jeunes enfants, l’impression d’être « sur le pont » en permanence ont généré non pas un burn-out mais tout du moins un stress continuel. J’ai besoin de faire un break, je suis épuisée, ce n’est pas une vie et surtout pas une vie de famille ! Mon plus grand désir désormais, c’est d’avoir un enfant.

 

Sa voix semblait exprimer des regrets, un sentiment de culpabilité était perceptible dans ses propos. Gênée un peu par la tournure prise par cette conversation, je repris la parole.

  • Jack, quand commencez- vous ?
  • Dès demain.
  • Déjà, mais vous venez à peine d’arriver !
  • Vous savez, Tina ne travaillant plus pour le moment, ça va nous faciliter la vie et puis j’ai hâte de relever ce nouveau défi. Et vous, que faites-vous ?
  • Je suis directrice du California Art Center. Je m’occupe plus particulièrement d’Art Contemporain. Mon but est de dénicher les futurs grands artistes et d’organiser les expositions des talents confirmés.

Tina, enthousiasmée s’exclama :

  • De l’art, j’adore ! Que proposez-vous actuellement ?
  • Ecoutez, nous en reparlerons plus tard si vous voulez. Je ne veux pas vous importuner davantage. Je dois rentrer maintenant m’occuper de mon p’tit bout d’chou. Actuellement je suis en vacances et ce pour une semaine encore. J’élève seule mon fils et je dois résoudre un problème de taille d’ici huit jours : trouver une nourrice capable de s’occuper de Tommy à plein temps. J’ai énormément d’obligations et suis très peu disponible durant la semaine. Plusieurs personnes se sont présentées mais je suis exigeante et aucune d’elles n’a fait l’affaire pour le moment. Je poursuis mes recherches dès demain.

 

Je me lève pour prendre congé et demande à Tom de me suivre. Tina et Jack nous rejoignent pour nous accompagner jusqu’à l’entrée.

  • Ce fut un plaisir de faire votre connaissance, Jack. Bonne chance pour votre nouveau job.
  • Merci à vous. Au revoir Bette, dit-il en retournant au salon.

 

Tina tout sourire ouvrit la porte. En la franchissant, je frôlai imperceptiblement son corps et ne put m’empêcher d’être parcourue de délicieux frissons. Je saisis la main de Tommy, plus troublée que je ne voulus le laisser paraître et bredouillai un « bonne soirée » à peine audible.

Tina répondit d’un ton chaleureux: Vous aussi et à bientôt peut-être ?

  • Oui, merci Tina.

chloe75  (02.03.2018 à 10:35)

Maison de Tina    

Je retourne dans le salon où Jack est confortablement installé dans le canapé et semble d’excellente humeur.

  • Viens t’asseoir près de moi, proposa-t-il. Tu as vu ?
  • Quoi donc ?
  • Cette femme, Bette, tu n’as rien remarqué ?
  • Que veux-tu dire ?
  • Elle est canon ! Brune, grande, élancée, apparemment très intell…

Je l’interromps brusquement :

  • Bref, exactement mon opposée. Quoi, je ne te plais plus ? lançai-je, vexée des réflexions à mon goût inappropriées de Jack.
  • Ne dis pas de sottises, répondit-il en me serrant amoureusement contre lui et en m’embrassant dans le cou. Tes cheveux si doux, ta grâce et ton élégance naturelle sont ce que j’aime le plus en toi. En revanche, elle est si…métissée, si sûre d’elle-même qu’il est indéniable que vous êtes totalement différentes. Mais reconnaît cependant qu’elle a du charme !
  • Effectivement ! dis-je, rassérénée. N’en parlons plus ou plutôt si.
  • Comment ça ?
  • Il me vient une idée. Tu sais bien que nous éprouvons des difficultés à faire un enfant et Bette a besoin d’une nourrice. J’ai pensé que peut-être, en m’occupant de Tommy, si elle est d’accord bien entendu, cela pourrait m’aider, nous aider à concevoir ce bébé. Plutôt que rester seule à ruminer sur nos échecs, me trouver chaque jour au contact d’un petit garçon pourrait s’avérer être une chance voire une bénédiction pour relancer le processus. Qu’en dis-tu ?      

Jack réfléchit, pesant le pour et le contre, et finalement déclare :

  • Pourquoi pas après tout, si tu estimes que cela peut augmenter nos chances de réussite.
  • Très bien. Ecoute, j’irai dès demain lui proposer mes services et ce sera l’occasion de faire plus ample connaissance.
  • C’est d’accord, faisons cela.

 


chloe75  (03.03.2018 à 14:12)

Lundi matin, chez Bette   

Je finis de ranger la vaisselle du petit déjeuner lorsque le carillon de la porte tinte. Je me dirige perplexe vers l’entrée, moi qui n’attend personne. J’ouvre et constate étonnée et ravie à la fois qu’il s’agit de Tina.

  • Bonjour Tina, entrez donc, il vous manque quelque chose ? Que puis-je faire pour vous ?
  • C’est délicat, je ne sais par où commencer.
  • Asseyez-vous sur le canapé et expliquez-moi votre problème.

Ce faisant, Tommy déboule dans la pièce et voyant Tina se précipite vers elle pour l’embrasser.

Surprise par cet accueil enthousiaste, elle l’embrasse à son tour et lui dit :

  • Bonjour Tom !
  • Bonjour Tina, répond-il en filant à toutes jambes dans sa chambre.

Etonnée quoiqu’amusée par ce manège, je m’exclame :  

  • Eh bien, on dirait que vous allez bien vous entendre.
  • Justement ! Voilà, Jack et moi vivons ensemble depuis maintenant cinq ans et nous souhaitons depuis longtemps avoir un enfant. Comme je le disais hier, j’étais vraiment absorbée par mon travail qui prenait toute mon énergie. Cela a sans doute perturbé le bon fonctionnement de notre couple et je n’arrive pas à être enceinte. Nous avons procédé à toute une batterie d’examens et il n’y a aucune raison à priori que cela ne fonctionne pas mais rien n’y fait…

 Tina semble à la fois hésitante et embarrassée de confier des choses si intimes à quelqu’un qu’elle connaît à peine. Mais son histoire m’interpelle et je suis soucieuse de l’écouter. C’est d’un ton bienveillant et sans la brusquer que je l’incite à poursuivre juste par un :

  • Et…
  • J’y viens. J’ai pensé qu’étant disponible, je pourrais éventuellement… garder Tom.

Je vois que Tina retient son souffle, inquiète à l’idée que je puisse refuser son offre. Elle me regarde cogiter, puis finalement, le verdict tombe :

  • Je pense que ce pourrait être une excellente idée !
  • C’est vrai, tu acceptes, euh, vous acceptez ?
  • Tutoyons-nous, après tout, nous sommes voisines. Et oui, j’accepte volontiers. Visiblement, Tom t’a déjà adopté, cela en est même surprenant car il est habituellement un peu sauvage mais c’est assez réconfortant je dois dire. Et puis, les enfants, tu connais et s’il se blesse, je suis sûre qu’il sera entre de bonnes mains et pour moi, c’est rassurant.
  • Comme je suis heureuse, tu ne peux imaginer à quel point !

Elle se rapproche de moi et spontanément m’étreint et m’embrasse sur les deux joues en s’écriant encore :

  • Merci, oh oui, merci.

Je ne m’attendais pas du tout à une telle manifestation de joie et reste médusée et sans voix…

Tina m’interroge alors, consciente de mon trouble :

  • Bette, ça va ?
  • Oui, oui, mais tout cela est si inattendu, si soudain. Et, même si Tom semble prêt, il faudrait sans doute apprendre à nous connaître un peu plus. Que dirais-tu d’une promenade au parc ? Ce serait l’occasion de te faire découvrir le quartier et de discuter, qu’en dis-tu ?
  • C’est une excellente idée.
  • Rendez- vous ici à quinze heures, d’accord ?
  • A tout à l’heure.

 


chloe75  (04.03.2018 à 18:03)

West Hollywood Park                 

 Nous nous promenons Tina et moi, main dans la main. Enfin, pas tout à fait — dommage, une autre fois peut-être pensais-je —, Tom s’interposant entre nous. Il sautait à qui mieux-mieux et trouvait ce jeu amusant. Aussi, n’hésitait-il pas à crier :

  • Aller, plus haut, encore plus haut !

Jetant un regard à Tina, d’un commun accord  nous décidons de faire une pause.

  • Tom, on s’assoit sur ce banc et toi, tu peux continuer à t’amuser. Regarde, il y a plein de toboggans, de petites maisons, de voitures et même une locomotive miniature. Mais fais bien attention, d’accord ?
  • D’accord maman.

J’avoue que désormais, seule à seule avec Tina, je suis un peu désorientée. Elle ne me laisse pas indifférente, son charme et son calme opèrent en moi une métamorphose qui me déroute. D’habitude si prompte à engager les dialogues, je ne sais comment entamer la conversation. Moi qui affiche en règle générale un aplomb sans faille, un sang-froid à toute épreuve, je suis en quelque sorte, empruntée presque… intimidée. Je ressens un je ne sais quoi, ou plutôt si, une sensation nouvelle et agréable de quiétude mêlée à une dose d’excitation. Quelques secondes de sérénité et de fébrilité conjuguées au présent. Qu’interrompt Tina en me questionnant :

  • Pardonne mon indiscrétion, mais Tom a bien un père, dis-moi ?
  • Euh, oui, enfin pas exactement…
  • Comment ça ?
  • En fait, c’est par l’intermédiaire d’un donneur que j’ai eu Tom.
  • Un donneur ?

Même si j’assume et depuis toujours mon homosexualité, en parler est toujours plus ou moins une épreuve. Mais puisque nous devrons nous voir et nous revoir, autant tout déballer de mon histoire avec Jodie ainsi que de notre rupture tumultueuse.


chloe75  (05.03.2018 à 13:46)
  • En vérité, je suis homosexuelle.
  • Mmm…
  • Est-ce-que tu es gênée ?
  • Pas du tout, mais je ne m’attendais pas à ce que tu me l’annonces si… franchement.
  • Je ne m’en cache plus, c’est tout. Laisse-moi t’expliquer mon histoire.

Il y a environ 3 ans,  j’ai fait la connaissance de Jodie Lerner lorsqu’elle est venue enseigner la sculpture à l’Université de L.A. Nous nous sommes croisées lors d’expositions au C.A.C et autres vernissages. Je connaissais déjà ses œuvres, puissantes, impressionnantes, je te rappelle que c’est mon métier et j’ai été… subjuguée par son talent et pas que… Rapidement nous sommes tombées amoureuses, tout simplement. A partir de là, nous avons vécu ensemble. J’ai contribué à confirmer sa renommée en exposant ses créations au Musée. C’est une femme de caractère aux convictions affirmées, aux choix artistiques parfois osés, possédant une énergie et un mordant incomparables. Mais si son autorité en matière d’Art est incontestable, son aptitude au compromis et à la vie en couple n’était pas un modèle du genre. De nombreux conflits ont ainsi éclaté entre elle et moi pour des prétextes parfois futiles. De plus, elle est sourde et à ce titre on peut dire que la communication n’a pas toujours été fluide.

 Et j’avais une obsession : je désirais un enfant, elle non. Elle ne voulait pas de contraintes et souhaitait pouvoir vivre comme elle l’entendait. Elle m’opposait toujours un non catégorique ce que je supportais de moins en moins, jusqu’au jour où j’ai pris la décision de me passer de son accord. J’ai fait appel à mes amis artistes et l’un d’eux a accepté d’être le donneur sans contrepartie aucune. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai été enceinte rapidement et Jodie ne l’a absolument pas supporté. Elle disait que j’étais égoïste, que je ne pensais qu’à moi, qu’il était intolérable que je me comporte de la sorte. La vie est vite devenue insupportable tant et si bien qu’un soir, une énième dispute s’est presque terminée en pugilat. Elle a fait une scène du tonnerre et tout ce qui nous liait encore a disparu en un éclair. Comme elle n’est pas du genre à faire dans la demi-mesure, dans la foulée elle a démissionné de son poste universitaire et est partie travailler à N.Y peu avant la naissance de Tom.

 (L’une part à N.Y, l’autre arrive de N.Y ! Faut-il y voir un signe ? Dans ma tête toute déboussolée, ma vie sentimentale étant au point mort, j’échafaude des stratégies de conquête sans me soucier le moins du monde de la réaction de Tina. Je m’y vois déjà !!! Oh Bette, tu es en plein délire, reviens sur terre…)   

 Voilà, tu sais tout.


chloe75  (06.03.2018 à 11:18)
  • Si je m’attendais à cela. Euh, comment dire ?
  • Tu es contrariée ?
  • Non, bouleversée, chamboulée…émue. Comment peut-on ne pas vouloir d’enfant, surtout avec la personne que l’on aime. S’il y a une égoïste dans cette histoire, c’est elle, non ? Je ne comprends pas, je ne l’admets pas. Comment peut-on abandonner sa compagne, un enfant ?

Tina, ne pouvant concevoir une chose aussi horrible, émue aux larmes, se réfugie alors dans mes bras et tout aussi ébranlée qu’elle, je m’empresse de la réconforter.

  • Allez, ça va aller, ça va passer, dis-je en enroulant autour de mon doigt de manière machinale une mèche de ses cheveux. Geste que ma mère répétait sans s’en rendre compte dans ma propre chevelure lorsque triste, je m’asseyais sur ses genoux pour être consolée.

C’est alors que Tommy déboula mettant un terme à ce moment empli de tendresse.

  • Maman, on peut rentrer maintenant, il n’y a plus personne pour jouer avec moi !

Reprenant cette assurance qui m’avait fui cet après-midi, je signifiai à Tina qu’il était temps de rentrer tout en lui suggérant pour la dérider :

  • Que dirais-tu d’aller visiter le C.A.C un jour de cette semaine avant que je reprenne le travail ? Je te montrerai les collections permanentes ainsi que l’exposition temporaire du moment. Ça t’intéresse ?
  • Evidemment ! Tu sais, je ne connais pas grand-chose en matière d’art mais je suis curieuse et j’aimerai comprendre ce qui se cache derrière une œuvre. Tu me serviras de guide !
  • Avec plaisir. Tu verras, tu vas en prendre plein les yeux !

Et c‘est donc sur ce signal encourageant que nous rentrons chacune chez nous. Nerveuse et émoustillée comme une gamine à qui l’on aurait promis un sucre d’orge, j’ai du mal à me concentrer sur autre chose que notre visite au Musée. Je connais parfaitement mon métier, suis une conférencière hors pair et je souhaite plus que tout qu’elle garde un souvenir ineffaçable de ce moment. J’ai besoin de l’épater pour qu’elle n’en revienne pas, de l’éblouir pour qu’elle ne m’oublie pas…


chloe75  (07.03.2018 à 10:47)

C.A.C                    

 Nous pénétrons dans le Musée et nous dirigeons vers mon bureau. James, mon fidèle assistant sursaute lorsqu’il me voit accompagnée de Tom et Tina et m’envoie une œillade la concernant. D’un froncement de sourcil, je lui fais comprendre que non, ce n’est pas une nouvelle conquête — ce que je déplore mais…—.

Je fais les présentations et lui demande de garder mon fils le temps de la visite improvisée. Ce qu’il fait de bonne grâce, il ne peut rien me refuser. Je sais qu’il est secrètement amoureux de moi et j’avoue en profiter souvent. Il sait qu’il ne peut rien attendre de moi mais en contrepartie il est devenu plus qu’un collaborateur : mon confident. Sur ce, en avant la visite ! J’empoigne Tina par la main et lui lance d’un ton enjoué :

  • Tina, viens avec moi, aujourd’hui, on va commencer par l’exposition temporaire : « Les Impressionnistes ». Tu connais ?
  • Bien entendu mais juste comme ça. C’est un mouvement né en France, non ?
  • Oui, plus exactement à Paris qui était La capitale des Arts, de tous les Arts à cette époque. Tout a commencé dans la seconde moitié du 19ème siècle avec Monet, Sisley, Pissaro, Renoir et d’autres encore, Cézanne pour une partie de son œuvre…

Parcourant les salles où sont accrochées les toiles des artistes de cette époque, je lui explique en quoi l’arrivée de ces peintres a révolutionné l’art pictural de l’époque.

En premier lieu, ils ont quitté leur atelier pour peindre en plein air. Cela a été rendu possible grâce à l’apparition de la peinture en tubes et des chevalets. Pour reproduire l’impression visuelle ressentie devant la nature ou une scène de la vie courante, il leur fallait peindre vite car le mouvement du soleil modifie la lumière, ce qui change la couleur des objets. Auparavant, les couleurs étaient mélangées avant leur pose sur la toile et le rendu était quasi millimétré alors que là, le peintre dépose de petites touches de couleur les unes à côté des autres. Il utilise souvent des couleurs pures, sans les mélanger. Donnant à ces couleurs un rôle de premier plan, l’impressionnisme marque déjà la rupture de l’art moderne avec la peinture académique. Si tu observes sa toile de très près, tu distingues toutes ces tâches de couleur, pas le contour des objets. Mais si tu la regardes de loin, les couleurs se mélangent… comme par magie et les objets apparaissent… comme par miracle !

  • N’hésite pas, fais un essai. Approche-toi puis recule petit à petit. Alors ?
  • Fantastique, c’est incroyable ! Je n’en reviens pas, c’est tout à fait ça ! Je ne pensais pas que les perceptions seraient à ce point différentes de celles que l’on peut avoir lors de la lecture d’un livre d’art ou d’un reportage télévisé.
  • D’où la nécessité de familiariser l’art sous toutes ses formes pour qu’il devienne accessible au plus grand nombre et que la fréquentation des musées augmente en conséquence. C’est un travail de longue haleine, crois-moi.
  • Quel artiste a été le plus influent à ton avis ?
  • C’est difficile à déterminer, chacun ayant son style, mais Monet restera comme le plus grand impressionniste de son époque dans la mesure où il ne s’est jamais éloigné de ce mouvement pictural qu’il a lui-même initié. De plus, il a été extrêmement prolifique : il a réalisé une quantité invraisemblable de toiles dont 30 de la « cathédrale de Rouen », presque autant des « meules de foin » et que dire des « Nymphéas » chez lui, à Giverny près de Paris : 250 peintures réalisées en l’espace de 30 ans. Même vieillissant, souffrant de cataracte, il a continué son œuvre jusqu’à son dernier souffle.
  • Impressionnant !
  • C’est le mot. Bien, que dirais-tu d’une tasse de thé pour te permettre d’assimiler tout cela?
  • Oui, tu as raison, j’ai besoin de souffler un peu.
  • Allons dans mon bureau, j’ai tout ce qu’il faut.

chloe75  (08.03.2018 à 14:50)

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Cc !!!

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Quatre ?

LaFriteFan, Aujourd'hui à 18:29

Soleil !

LaFriteFan, Aujourd'hui à 18:32

(heureusement que Daisy n'est pas là, sinon on compterait encore ^^)

Supersympa, Aujourd'hui à 18:36

Pas faux^^

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